Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 19:28

Je suis en retard, dans quinze minutes, je dois récupérer mon fils au terrain et j’en ai pour une demi-heure de route à la vitesse à laquelle je route. Les Chemical Brothers résonnent dans l’habitacle. Ca m’aide à rester concentré car je suis toujours un peu étourdi par ce qui vient de se passer. Je l’ai fait. Je l’ai fait ! Dommage que je n’aie pas pu tenir un peu plus. Mais ça fait tellement longtemps. Je ne savais plus ce que c’était de faire l’amour avec autant de passion, avec autant d’envie. Bien sûr, il y avait l’habitude avec ma femme. Quinze ans, ce n’est pas rien, mais j’ai toujours eu envie de faire l’amour même si ma femme en a moins souvent envie que moi. Par contre, Fabienne, c’est autre chose. Elle aime autant que moi. C’est tellement évident. Cette manière qu’elle a de gémir, son bassin qui ondule quand je la caresse, je suis sûr qu’elle ne se rend même pas compte que tout son corps bouge instinctivement au rythme de son plaisir. C’était tellement excitant de la voir réagir aussi naturellement à mes caresses. J’ai envie de recommencer. J’aurais voulu pouvoir recommencer tout de suite, si seulement j’avais eu le temps … . Et puis, j’aimerais aussi lui montrer que je suis capable de tenir, que j’ai été troublé par notre première fois, moi aussi. Mais je ne peux pas lui dire qu’avec ma femme c’est moins bien, enfin pas moins bien, car je crois qu’en réalité, elle n’a jamais réellement aimé faire l’amour. Il y a tant de choses qu’elle a toujours refusé de faire, et si je sais maintenant ce qui lui procure du plaisir, parfois, je crois qu’elle n’en n’a pas autant qu’elle le dit et que pour elle, c’est un moment agréable tout au plus mais probablement pas autant que je n’aurais pu l’espérer. Fabienne est totalement différente, même si j’ai rapidement compris qu’il y avait longtemps qu’elle n’avait plus fait l’amour, ses caresses étaient précises, elle savait ce qu’elle faisait et, qui plus, est, elle prenait aussi du plaisir à le faire. J’ai quand même senti une légère réticence au début, son corps ne s’abandonnait pas tout à fait, à moins que ce ne soit son esprit, mais heureusement, elle a fini par se laisser porter par le plaisir. Et bien qu’elle ne soit pas allée jusqu’à l’orgasme, elle savait qu’elle n’y arriverait pas mais cela ne l’a pas empêchée de profiter du moment, de profiter du plaisir qu’elle ressentait. Je me rends compte aussi que j’avais raison. Elle n’aurait pas osé faire le premier pas, mais elle en avait autant envie que moi, je l’ai senti à l’instant où j’ai déposé mes lèvres au coin des siennes. Sa respiration s’est arrêtée un instant et j’ai senti ce tremblement à l’intérieur d’elle comme un tremblement de terre. J’ai cru qu’elle allait tourner légèrement la tête, poser ses lèvres sur les miennes, mais elle devait être trop troublée par ce qu’elle ressentait. Moi aussi d’ailleurs. Quand j’y repense, on aurait dit deux adolescents qui n’osent pas parce qu’ils ne savent pas comment faire. Mais nous ne sommes pas deux adolescents inexpérimentés. D’ailleurs, je pense que si elle se laissait aller totalement et si elle avait encore un peu plus de confiance en elle, ce serait même encore mieux. Je pense qu’elle est extrêmement sensuelle mais elle m’a dit qu’elle avait eu des petits soucis avec son ex. Je ne comprendrai jamais les hommes comme Jérôme, ils ont une bombe dans leur lit et ils ne savent même pas comment faire pour la désamorcer ! Enfin, tant pis pour lui, moi je vais bien en profiter !

A peine ai-je pensé ces mots que je me reprends « Enfin, Tino, mais à quoi tu joues ?! Tu avais dit que tu allais lui faire l’amour pour te la sortir de la tête et là, tu parles de recommencer ! » Je sais que ce n’était pas prévu, mais je n’avais pas prévu non plus ce plantage monumental en bout de course. Alors que tout le reste était si bien. Je dois au moins recommencer pour lui montrer de quoi je suis capable, et puis, bon, ok, j’ai envie de recommencer. Après tout, elle a bien compris que ça ne pouvait pas durer entre nous mais je ne peux pas rester sur un demi échec et surtout, j’ai envie qu’elle aille au bout de son plaisir, j’ai envie de la voir à ce moment là, voir comment elle réagit. A cette pensée, je sens mon propre désir me reprendre. Ça aussi, ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps. Je pensais d’ailleurs que l’époque où je faisais l’amour deux ou trois fois par jour était probablement terminée. Mais je me rends compte que non et cette pensée me fait sourire intérieurement. « Tu vois, tu n’es pas si vieux, tu n’es pas vieux du tout, la preuve ! Tu as peut-être trente-six ans, mais tu n’es pas vieux puisque non seulement tu peux plaire à une femme sept ans plus jeune que toi mais en plus, si elle était là, tu pourrais lui refaire l’amour une seconde fois. » Je regarde l’heure, il est presque dix-neuf heures et je suis presque arrivé à la sortie de l’autoroute. Encore une petite dizaine de minutes et je serai au terrain. Le petit ne devra pas attendre trop longtemps et, avec un peu de chance, s’il n’est pas prêt ou qu’il parle avec ses copains, il sera même content que je sois un peu en retard. La pensée de mon fils me fait prendre conscience que j’ai intérêt à me calmer avant d’arriver au terrain. Ce serait un peu embarrassant. Je regarde mon visage dans le rétroviseur. Je n’ai pas l’air différent, et pourtant, je me sens différent. C’est comme si j’avais rajeuni d’un seul coup de presque dix ans. Je retrouve le sentiment de liberté que j’éprouve quand je sors avec mes amis, cette liberté que je déjà, adolescents, nous cherchions avidement. Je ne pensais pas que faire l’amour avec Fabienne me ferait le même effet, que je me sentirais si libre. Je devrais me sentir coupable, mais je suis trop bien, trop heureux pour ressentir la moindre trace de culpabilité. Cela me surprend mais je me dis que cela viendra bien assez tôt, je suis probablement encore trop euphorique, trop shooté aux endorphines, me dis-je en riant. Ce rire, qui pourrait paraître incongru, me fait tellement de bien, et je continue à rire, heureux comme je n’imaginais pas pouvoir l’être. Enfin, j’arrive au terrain, mais mon fils n’est pas encore sorti. J’hésite à sortir de la voiture pour l’attendre. Après tout, la voiture est suffisamment reconnaissable. Un vieux break vert foncé, même ici dans ce petit village, ça ne passe pas inaperçu. Et puis, finalement, je me dis qu’un peu d’air frais ne me ferait pas de tort.
Par Lau77
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 22:19

- Fabi ?

- Oui ?

- Est-ce que je peux utiliser ta salle de bains ?

- Oui, bien sûr.

- Tu comprends, j’ai besoin de me rafraîchir … .

- Evidemment ! Je vais t’apporter une serviette de bain.

- Non, ce n’est pas nécessaire.

- Si, il vaut mieux, il n’y aura pas mon odeur dessus.

- Oui, tu as raison, merci.


Il avait l’air un peu gêné en me répondant. Je lui souris et repris :


- C’est un peu normal, voyons, tu vas rentrer chez toi.

- Je dois encore aller rechercher mon fils après son match mais … .

- Ne t’inquiètes pas, je comprends, il n’y a aucun problème.


Surpris, il plonge ses magnifiques yeux qui gardent un léger reflet jaune dans les miens et me répond simplement, avec une sorte de soulagement.


- Merci.


Je le suis à la salle de bains et prends le temps de fixer les détails de son corps dans ma mémoire. Je le regarde se passer un peu d’eau sur le visage, remettre de l’ordre dans ses cheveux. Il m’aperçoit dans le miroir et sourit à mon reflet. Je lui souris aussi. Il se retourne et vient déposer un baiser sur mes lèvres et me demande « Tu n’aurais pas encore un peu de Coca par hasard ? Je meurs de soif. » « Bien sûr, je vais te chercher ça tout de suite ! », répondis-je doucement.

A mon retour de la cuisine, il était à nouveau dans le canapé. Il accepte le verre de Coca et je le regarde boire quelques longues gorgées. Il dépose le verre sur la table, puis, reste silencieux quelques secondes. Certaine qu’il va m’annoncer son départ, je tente d’ignorer le petit pincement qui serre mon cœur et aussi de rester aussi calme que possible. Il se tourne vers moi. Je sens son hésitation, aussi clairement que son désir quelques dizaines de minutes auparavant.


- Fabienne ?

- Oui, Costantino ?

- Je … enfin … c’est la première fois que je fais ça tu sais … .

- Je m’en doutais un peu … .

- J’aime bien être avec toi, mais j’aime ma femme, ma vie est faite, tu comprends ?

- Bien sûr.

- Ca me fait un drôle d’effet parce que je …

- Oui ?

-  Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour. J’ai pas mal de gars dans mon entourage qui trompent leur femme en permanence, changent de petite amie régulièrement et ne cherchent même pas vraiment à s’en cacher. Je ne suis pas comme ça, tu sais. Je … je … avec toi, je savais que je pouvais avoir confiance et puis, tu ne risques pas de tomber sur ma femme et … je ne sais pas, tu es différente des autres femmes que j’ai rencontrées et qui auraient bien voulu mais … enfin, ce que je veux dire, c’est que tu es la seule avec qui j’ai fait l’amour depuis que je suis marié hormis ma femme et …

- Tu regrettes ?

- Oh non, non, pas du tout ! Certainement pas, non, mais je veux que tu comprennes bien que … que ce n’est pas dans mon habitude de faire ça et je ne veux pas que ça en devienne une.

- Euh … d’accord … .

- Mais bon, parlons d’autre chose, tu as des projets pour ce week-end ?

- Oh, je ne sais pas encore, on n’est que mardi, mais j’irai probablement au cinéma, et toi ?

 

La conversation reprit alors son cours, animée et variée, comme à chaque fois. Soudain, il regarda sa montre et déclara qu’il allait devoir faire des excès de vitesse sur l’autoroute s’il ne voulait pas être en retard pour son fils. Il m’embrassa une dernière fois et, alors que je refermais la porte derrière lui, je me dis « Bon, je suis capable de le faire, alors … . » Je regardai autour de moi et soudain, je fus prise d’une envie de sortir, de prendre l’air. J’attrapai mon téléphone portable, mon sac et rappelai l’ascenseur. Pendant qu’il montait, j’écrivis rapidement un SMS « J’ai passé un très bon moment avec toi. Rentre bien et bonne soirée. Bisous. Fabi. ». Quelques minutes plus tard, une vibration dans mon sac me prévenait de l’arrivée d’un nouveau message. « Merci, j’ai également passé un excellent moment en ta compagnie. Il faut que la Suisse gagne contre la France et ma journée aura été parfaite. Biz » Je regardai l’écran de mon téléphone sans trop comprendre et puis je compris, il parlait de la Coupe du Monde de Football !  « Alors, j’espère que ta journée sera parfaite. Bisous » La réponse arriva, quelques secondes plus tard. « Moi aussi ! ;-) »

 

Je décidai d’aller au cinéma, mais je n’arrivai pas à me concentrer sur le film. Pendant la séance, une amie avait tenté de me joindre, ainsi que Jérôme, mais je n’avais envie de parler à personne ce soir.  Je voulais garder pour moi ce qui venait de se passer, rester dans cette atmosphère un peu étourdissante, rester dans ma petite bulle, en pensant à cette après-midi.

 

Le lendemain matin, peu avant sept heures, je fus réveillée par la sonnerie de mon téléphone portable. Je faillis tomber de mon lit quand je vis le nom qui s’était affiché sur l’écran. Je décrochai immédiatement.

 

- Salut ! Comment vas-tu ?

- Ma journée a été parfaite … donc ça va ! Et toi, je te réveille ?

- Oui, enfin, non … . Je devais me lever …  C'était un bon match alors?.

- Excellent. Dis moi, tu fais quelque chose demain après-midi ?

- Euh, à quelle heure ?

- Comme d’hab … ?

- Tu veux passer ?

-  J’aimerais bien, enfin, si tu n’as rien de prévu …

- Je crois que je n’ai rien de particulier.

- Ok, super, écoute, là j’ai un client qui m’appelle, je dois te laisser, mais je te rappelle dans la matinée, d’accord ?

-  Euh … oui, ok, pas de problème, quand tu veux.

- Bonne matinée, Fabi !

- Merci, à toi aussi …

- A très vite.

- Oui, bisous.

- Bisous.

 

Je regarde l’écran du téléphone portable et je me demande si j’ai rêvé, mais l’appel est bien là, dans la mémoire du téléphone. Je ne pensais pas qu’il allait me rappeler, ni qu’on allait se revoir, j’étais persuadée que c’était une fois, comme ça, en passant, d’ailleurs, avec la conversation que nous avons eue hier, après avoir fait l’amour, j’étais persuadée qu’il me faisait comprendre que c’était terminé, qu’il avait passé un bon moment, mais qu’on en resterait là. Mais j’ai aussi envie de le revoir, je suis si bien avec lui … bon, on verra ce que ça donne, de toutes façons, je ne peux pas tomber amoureuse, ça m’obligera à faire attention ! Par contre, je crois que mon patron va se poser des questions quand je vais lui demander encore une après-midi de congé, heureusement que j’ai des heures supplémentaires à récupérer !

 

Par Lau77
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 09:21

Cette fois, il doit se passer quelque chose, sinon il ne se passera jamais rien. J’ai peur d’aller vers lui, peur de me rendre compte qu’il n’est en fait pas disposé à tromper sa femme. J’ai bien compris qu’il ne l’avait jamais fait, et s’il a juste envie de parler un peu, je vais le vexer, je vais tout gâcher. Il va me prendre pour une briseuse de mariage, or je n’aurais jamais cherché à le revoir après notre première rencontre chez Jérôme si j’avais vu son alliance. Bon, j’aurais pu aussi ne pas le rappeler il y a un mois mais j’étais tellement persuadée qu’il ne se souviendrait pas de moi et que de mon côté, mon attirance pour lui serait passée, mais non, pas du tout. On aurait dit qu’on s’était quittés la veille. Qui aurait pu prévoir que l’amitié se serait installée si rapidement entre nous ? Car au-delà du désir que j’éprouve pour lui, je sens que nous sommes vraiment sur la même longueur d’ondes. Si ce n’est que je doute encore de ce qu’il ressent pour moi. Je sais que je manque de confiance en moi, c’est pour cela que je n’arrive pas à être certaine. Mais si je n’arrive pas à aller vers lui, je peux au moins essayer de lui faire comprendre un peu plus clairement que j’ai envie de lui. Je vais donc mettre une jupe courte et ce petit bustier tout agrafé qui laisse entrevoir ma lingerie. Le tout noir. Et, pour bien marquer le coup, je vais porter ce nouvel ensemble turquoise clair qui est si joli avec la bande de dentelle sur le haut du tanga qui met si bien mes fesses en valeur. Je suis prête mais je me sens si nerveuse. Tellement nerveuse que je vois ma main trembler légèrement alors que je me parfume. Je décide de m’allonger sur le canapé, les yeux fermés et je commence à respirer lentement, profondément. Petit à petit, je sens mes muscles se détendre, la contraction dans ma mâchoire se relâcher. Je pourrais presque m’endormir … . A cet instant précis, la sonnerie de l’interphone retentit. Il est là ! Ma respiration s’accélère à nouveau. Vite, il faut lui ouvrir ! Dépêche-toi, Fabi ! Et respire, enfin, respire ! Calme-toi ! Il sera bientôt là ! J’entends l’ascenseur qui s’arrête à mon étage et je reste figée au milieu du salon. Il frappe un petit coup bref et poli avant de pousser la porte. Je ne me suis jamais sentie aussi nerveuse de ma vie. J’essaie de sourire et de lui dire bonjour, mais les mots s’étranglent dans ma gorge. Il referme doucement la porte derrière lui et se dirige vers moi. Son regard descend de mon visage vers ma poitrine, mon ventre, mes jambes et revient accrocher mes yeux. Il s’arrête juste en face de moi et dépose un baiser juste au coin de mes lèvres et ma respiration s’arrête. Je le regarde, sans mot dire. Je vois dans ses yeux qu’il a compris. Il sourit. Enfin, je souris aussi « Bonjour Costantino ! Tu vas bien ? Veux-tu boire quelque chose ? » « Oui, merci. Un Coca, si tu as ? » « Bien sûr. J’arrive ! Installe-toi, fais comme chez toi. » Quand je reviens, il est assis dans le canapé. Pas tout à fait au centre. Il y a juste la place pour m’asseoir à sa gauche. Tout près de lui. Très près de lui. La conversation commence sur un ton léger, on se raconte notre semaine, les yeux dans les yeux. Le sourire aux lèvres. Sa proximité me fait tourner la tête. Et puis, le silence. Lourd de sous-entendus, nous savons tous les deux que le moment est arrivé. Je n’ose plus le regarder, ni respirer. Soudain, sa voix un peu rauque rompt le silence. « Fabi. » Je tourne doucement la tête vers lui, prête à rougir mais il ne m’en laisse pas le temps car je sens une de ses mains glisser autour de ma taille, m’attirant à lui, sa bouche se pose sur la mienne, l’ouvre d’un baiser qui me fait frissonner. Nos lèvres se cherchent, se découvrent et je sens que je perds pied, emportée par le tourbillon de sensations que fait naître en moi son baiser. Il me repousse doucement contre le dossier du canapé, sans interrompre notre baiser. Ses mains cherchent ma poitrine, les miennes se nouent enfin autour de son cou, caressent ses cheveux. Il tente maladroitement de dégrafer mon petit haut. Au bout de quelques secondes, il se redresse et marmonne « Comment on enlève ce truc ? Il faut tout dégrafer ? » Je souris et réponds d’une voix extrêmement douce et posée que je ne me connaissais pas. « Non, bien sûr que non, tu peux tout simplement … . » dis-je en passant le top au dessus de ma tête, ébouriffant un peu mes cheveux au passage. Mais il ne semble pas s’en émouvoir. Son regard est fixé sur mes seins. Lentement, délicatement, il écarte la dentelle et approche son visage de ma poitrine. Une vague de chaleur liquide m’envahit, je gémis doucement. Ses mains font glisser les bretelles pendant que sa bouche vient à nouveau chercher la mienne, affamée. Il cherche maintenant à dégrafer mon soutien gorge. Au bout d’un moment, il me demande d’une voix très basse « Aide-moi… je ne suis pas, je n’ai plus … » Ma bouche sur la sienne, je passe les mains dans mon dos pour dégrafer mon soutien-gorge. Immédiatement, les siennes viennent remplacer le tissu, ses doigts agiles caressent ma peau, fine, fragile et si sensible. Inconsciemment, je laisse mon bassin onduler, suivant la vague du désir qui monte en moi. Ses mains glissent maintenant sous ma jupe, sa bouche a quitté la mienne pour se poser sur mes seins. Mes mains glissent le long de son dos et lentement, remontent son t-shirt jusqu’à ses épaules. D’un geste vif, il le retire et plonge son regard dans le mien. Ses yeux sont presque jaunes. Il me demande « Tu ne crois pas qu’on serait mieux dans ta chambre ? » Je souris et je réponds « Oui, en effet. » et pendant qu’il retire ses chaussures, je me lève et laisse glisser ma jupe sur le sol avant de me diriger vers ma chambre pour lui laisser la possibilité de contempler mes fesses que seule un peu de dentelle couvre encore. Quelques secondes plus tard, il est derrière moi, il a retiré son jean, je sens son désir dans le bas de mon dos. Je me retourne et l’embrasse, lentement, presque tendrement et puis, le baiser s’intensifie, nous avançons ainsi enlacés, vers ma chambre, jusqu’à mon lit. Je ne me pose plus de questions, je suis si bien. Nous nous allongeons ensemble sur le lit, et je sens qu’il prend soin de ne pas m’écraser au passage. J’ai l’impression d’être dans un film. Je me laisse porter par le plaisir, plus rien ne compte, le temps s’est arrêté. Nous nous découvrons sans retenue, sans réserve, et les gestes que je croyais avoir oubliés me reviennent naturellement, plus naturellement que jamais. Je prends le temps de regarder son corps, si différent de ceux des hommes que j’ai connus avant lui, plus massif, plus musclé. Soudain, je le sens hésiter. Je le regarde et il me demande « Où as-tu mis le préservatif ? » Je tends la main et en attrape celui que j’avais déposé sur la table de nuit. Je n’ai jamais aimé cette coupure dans l’élan du désir, mais là, étrangement, la séquence s’intègre parfaitement à tout le reste. J’ai soudain très envie de l’avoir en moi, tout comme je sais qu’il a lui aussi très envie de venir en moi. Je laisse échapper un léger gémissement alors qu’il s’enfonce en moi, accompagnant ainsi le plaisir inattendu provoqué par ce mouvement. Je me laisse emporter par la vague qui monte mais, soudain, il s’arrête et me dit « Excuse-moi, je ne peux plus me retenir, tu m’excites trop … . » J’ouvre les yeux et je souris bien que j’aurais voulu prolonger ce moment et je lui dis doucement « Ce n’est rien, vas-y. » « Tu es sûre ? » me demande-il alors. « Oui, ça va, j’ai déjà eu du plaisir. » « D’accord. » me dit-il. Quelques instants plus tard, alors qu’il se redresse, il me dit alors une phrase qui restera gravée en moi. « Excuse-moi, je n’ai plus l’habitude, enfin, plus comme ça … je suis désolé, j’aurais voulu que tu profites plus mais j’avais trop envie de toi. Ca ne m’était plus arrivé depuis longtemps. » Je choisis de lui répondre ce qui me semble le plus logique par rapport à ce qui vient de se passer « Tu sais, ce n’est pas grave, tu m’as donné beaucoup de plaisir avant … . » « Mais tu n’as pas …. . » « Non, mais pour moi, c’est déjà bien, ça faisait longtemps que je n’avais plus eu autant de plaisir. » Il me regarde, fronce les sourcils et je reprends :

-  Avec Jérôme, ce n’était pas  … enfin …

-  Ah, ok, excuse-moi, je ne voulais pas … . 

-  Non, ce n’est rien, il n’y a pas de mal. » répondis-je en souriant.

Il déposa un baiser léger sur mes lèvres fermées et je me pensai « Ca y est, il va se rhabiller et partir ».

Par Lau77
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /Août /2009 18:02

Je me sens soudain tellement bien, bercé par la voix légèrement plaintive du chanteur et le sourire de cette jeune femme que j’apprécie déjà tellement. Quand j’y pense, cela n’a jamais été comme ça quand j’ai rencontré ma femme, j’étais attiré par elle, bien entendu, j’ai toujours aimé les jolies femmes, mais il y a quelque chose de plus, de différent chez Fabi. Elle a ce petit quelque chose d’apaisant, quelque chose qui fait qu’on se sent bien avec elle. Et puis, il y a sa manière de bouger, sa manière de me regarder, je me sens un autre homme. Je vois qu’elle me trouve beau, désirable, malgré mon petit ventre que j’essaie désespérément de faire partir, moi qui ai toujours eu le ventre si plat. Comme le sien, d’ailleurs. Ce ventre que j’ai envie de voir, de caresser. Je l’imagine à côté de moi, son visage souriant, son corps souple et lisse juste près du mien, je penche mon visage vers le sien, elle vient à ma rencontre nos lèvres se frôlent et je sens le désir monter en moi d’un coup. Je me vois glisser mes mains sous son t-shirt, cherchant ses seins emprisonnés dans la dentelle peut être. Je m’imagine en train de lui enlever son t-shirt. Pouvoir enfin goûter à sa peau dorée … . Je sens que mon ventre se contracte et dans mon imagination, je continue à embrasser et déshabiller Fabi et je prends conscience de la chaleur qui monte en moi, de mon jean qui me parait soudain plus étroit. Je respire plus vite maintenant, la tension dans mon ventre devient insupportable et délicieuse à la fois. Je sais que je devrais arrêter de penser à elle, de penser tout court, mais je ne peux pas, c’est trop bon, trop intense. Soudain, dans un éclair de lucidité, je me souviens que je suis assis dans mon fauteuil de bureau et entièrement habillé. J’envisage un instant d’attendre que cela passe, mais la tension est bien trop forte, je sais que je ne vais plus pouvoir me retenir très longtemps. Il faut juste que je trouve un moyen pour éviter de me tacher. Et me voilà, comme un ado, avec mes mouchoirs en papier, dont il me faudra ensuite me débarrasser discrètement, mais pour l’heure, je ne pense qu’à Fabi, à son corps, à mon plaisir, si fort que je dois m’empêcher de crier. Le CD de Radiohead est terminé depuis un moment. Je reste assis, haletant, la tête renversée sur le dossier du fauteuil. Détendu, comme rassasié, le sourire aux lèvres, je laisse les dernières vagues de l’explosion se calmer lentement, profitant des dernières sensations encore un peu aigües, qui traversent tout mon corps.

 

Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, mais quand j’ouvre les yeux, la maison est calme, comme immobile. Je rallume l’ordinateur qui s’était mis en veille. Il est vingt-trois heures quarante. Effectivement, tout le monde doit dormir maintenant. Je pourrais monter, mais je n’en n’ai pas envie. Pas tout de suite. Je n’ai même pas vraiment sommeil. Dans la pénombre, je fixe l’écran illuminé de l’ordinateur sans le voir, perdu dans mes pensées. J’envisage des scénarios impossibles, dans lesquels je me vois annoncer à ma femme que je la quitte, lui dire que je suis amoureux, que je veux une autre vie, une vie plus simple, plus libre, celle que je voulais pour nous deux. Et puis, alors que l’euphorie dans laquelle je baignais s’estompe peu à peu, je commence à sortir de ma rêverie et je me demande comment de telles pensées ont pu traverser mon esprit. Oui, c’est vrai que je me sens bien avec Fabienne, mais je suis marié, j’ai trois enfants, je ne peux pas ! Je ne peux pas penser des choses pareilles, j’ai fait une promesse, enfin, beaucoup de promesses, je vais déjà en rompre une, mais je ne peux pas briser mon mariage, briser ma famille ! Que penseraient mes frères, mes parents ? Et puis, même, les enfants, comment leur expliquer ? Bien sûr, il y a de nombreux couples qui divorcent, mais on ne divorce pas simplement pour une amourette. Et puis, je ne suis pas malheureux. J’aime mon métier, j’ai tout le confort, ici. Cette maison, c’est moi qui l’ai faite, comme je la voulais, pour y élever nos enfants … mais …. . Quoi, Tino, pourquoi « mais » ? Oui, tu imaginais ta vie autrement, plus libre, il est vrai, mais tu voulais te marier, n’est-ce pas ? Au fond, tu as quand même voulu ce que tu as, toi aussi ! Allez, arrête de déconner, tu vas t’offrir une aventure, mais tu n’es pas amoureux, enfin, voyons, arrête de te comporter comme un gamin ! Tu ne vas pas remettre toute ta vie en question pour une femme que tu connais à peine !  « Et pourquoi pas? Tu es bien avec elle ... . » dit la petite voix au fond de moi. Mais parce que ! Je suis marié, je ne peux pas ! J’ai des responsabilités, j’ai fait des choix, je dois les assumer ! Je n’ai pas envie de tromper ma femme. Je n’avais même pas pensé qu’un jour, je le ferais. Pourtant, j’aurais pu le faire si j’avais voulu. En soirée, c’est facile, il aurait suffi de dire que j’allais aux toilettes et … . Si ce n’est que je n’avais pas envie de cela. Déjà tromper sa femme, ce n’est pas très joli, mais en plus, furtivement, dans des toilettes sales, ou à l’arrière d’un bâtiment, je trouve ça tellement sordide, tellement plat. Et puis, il y a aussi le côté « je couche pour coucher » qui me dérange. Il est vrai que j’éprouve du désir pour Fabi, énormément de désir, d’ailleurs, mais je n’aurais jamais envisagé de passer à l’acte s’il n’y avait pas quelque chose de plus chez elle. Quelque chose de différent. Quelque chose qui fasse que cela en vaille la peine. Cette fille est différente, c’est évident. Elle ne cherchait pas une aventure, pas comme toutes ces filles qui trainent dans les soirées. Je pense même que le fait que je sois marié lui pose problème. C’est quelqu’un de bien, elle a des principes. C’est peut-être pour ça qu’avec elle, j’ai envie de faire ce que je n’ai jamais pu envisager de faire auparavant. Mais elle ? En a-elle envie finalement ? Je sens que ma présence la trouble, que je ne la laisse pas indifférente, mais elle ne vient pas vers moi. Pourquoi ? A-elle peur ? Pense-elle qu’une femme ne peut pas faire le premier pas ? C’est sans doute ça, elle doit se dire que si je ne viens pas vers elle, c’est que je n’en n’ai pas envie. Et pourtant, je suis sûr qu’elle a dû remarquer l’effet qu’elle a sur moi. Même si je suis cohérent dans ce que je dis (et heureusement !), je suis sûr que mon désir pour elle se lit sur mon visage. Parfois, quand nos regards s’accrochent intensément, j’ai l’impression de voir en elle, aussi clairement que si elle me parlait. Dans ces moments, elle me semble totalement transparente, plus que nue, presque vulnérable, et pourtant, elle ne semble pas vouloir mettre de distance entre nous dans ces moments-là, au contraire. Le plus troublant, c’est qu’il me semble aussi qu’elle peut lire en moi. Comme une sorte de lien invisible entre nous, mais je dois vraiment m’imaginer des choses car il ne peut pas y avoir de lien entre nous … pas comme ça, pas en se connaissant aussi peu ! Et pourtant … . Non, je dois me faire des idées, je n’ai jamais expérimenté ce genre de choses avec ma femme. C’est dans ma tête tout ça. Je sens alors brusquement le poids de la journée, des soucis peser lourdement sur mes paupières. Je crois qu’il est l’heure d’aller dormir, mon vieux. Lentement, j’éteins l’ordinateur, plongeant ainsi la pièce dans l’obscurité. J’allume la lampe de bureau et hésite un instant à dormir en bas. Non, ma femme risquerait de me faire une scène si elle se rend compte que j’ai dormi ici. Et la dernière chose dont j’aie envie c’est de rentrer demain et d’être accueilli par une dispute. Pas demain. Car demain, je vais aller voir Fabi. D’un geste décidé, j’ouvre la porte du bureau, toute la maison semble plongée dans l’obscurité. J’allume la lumière du salon, prenant soin de régler le variateur d’intensité au minimum, j’éteins la lampe de bureau, referme doucement la porte derrière moi et me dirige vers les escaliers, retrouver ma femme endormie pour quelques heures de sommeil avant cette journée pas tout à fait comme les autres.

Par Lau77
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 23:04

Bon sang que la journée a été longue, je suis content de pouvoir enfin me détendre un peu. Ma femme doit être endormie sur le canapé à cette heure-ci, elle se réveillera à la fin de l’émission quand le générique de fin se mettra en route. Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme cela à chaque fois. Mais ce soir, je n’ai pas envie de monter tout de suite. J’ai envie de profiter un peu du calme. Tout le monde dort sauf moi. Ça me rappelle mon adolescence, quand j’attendais que tout le monde soit endormi pour faire le mur et aller retrouver les copains ou une fille. Ah, ces virées entre copains, on se retrouvait vers minuit sur la place, on s’entassait dans la voiture que Jack, mon meilleur ami, avait empruntée à son père et on partait faire la fête toute la nuit et il fallait impérativement être rentrés avant cinq heures car mon père se levait tôt et s’il m’avait jamais surpris dehors en pleine nuit, non seulement j’aurais ramassé une raclée, mais j’aurais été privé d’argent de poche et de sorties suffisamment longtemps que pour éviter à tout prix de me faire prendre. Les journées succédaient alors aux nuits sans que j’aie fermé l’œil. Mais j’avais une bonne motivation pour aller en classe le matin, puisqu’il y avait cours de maths en première heure. Après, je pouvais dormir si je le souhaitais mais les cours de maths … Pour rien au monde, je n'aurais jamais raté un cours de maths, même si je devais parfois faire à pied le trajet jusqu'au village suivant pour trouver un bus qui me conduirait en ville. Et je ne le regrette pas, car aujourd’hui, je dois quotidiennement jongler avec les chiffres, les budgets, les prix, les comptes en banque. Ceux du bureau, ceux de la maison. Préparer les factures des clients, les soumissions, les comptes de chantier, passer les commandes, payer nos factures, nos salaires. Vérifier que nous avons assez d’argent sur le compte courant pour que ma femme puisse aller faire les courses, que les traites de la maison soient payées en temps et en heure, s’assurer que chaque mois, une partie de nos salaires soit mise de côté en cas de coup dur, de pépin ou de dépenses imprévues. Et avec trois enfants, les dépenses imprévues, il y en a tous les mois, voire plusieurs fois par mois. Mais là, je n’ai plus envie de penser aux chiffres, plus envie de penser au boulot, aux enfants, plus envie de penser à rien. D’ailleurs, je vais brancher le casque sur le PC et mettre un peu de musique pour me détendre. Je sélectionne un CD de Radiohead que j’insère dans le lecteur et, quelques secondes plus tard, la lecture démarre. Je m’enfonce dans le fauteuil de bureau en cuir et je ferme les yeux. Pendant de longues minutes, la musique me porte et je ne pense plus à rien, et puis soudain, le visage souriant de Fabienne m’apparaît. Fabi. Si lumineuse, si rayonnante. Fabi et ses yeux qui pétillent de bonheur dès qu’elle me voit. C’est étrange, j’ai envie de lui parler de tout, moi qui n’ai plus l’habitude de me confier, plus l’habitude d’être vraiment écouté non plus, moi qui écoute sans cesse les autres, ça fait drôle de se retrouver à la place de celui qu’on écoute. Mais elle a ce petit quelque chose qui donne envie de se livrer totalement. Je ne la connais pourtant pas encore très bien, mais instinctivement, j’ai confiance en elle. Est-ce sa sérénité ? Sa douceur, son calme ? Je ne sais qu’une chose, c’est que tout ce qui émane d’elle me touche. Cela fait longtemps que je n’avais pas ressenti quelque chose de pareil. Peut-être la première fois où j’ai été amoureux. J’ai l’impression que ça remonte à si loin, je ne me souviens plus très bien. Mais j’imagine que ça devait être quelque chose de similaire. Bien entendu, je ne suis pas amoureux d’elle. Ce serait une énorme bêtise de tomber amoureux d’elle, même si, dans d’autres circonstances … .  Non, ne dis pas cela, tu ne la connais pas suffisamment, comment peux-tu dire des choses pareilles ? Soudain, une petite voix en moi souffle « Mais tu sais bien que ce n’est pas une raison pour ne pas tomber amoureux. » Je sursaute et ouvre les yeux, surpris moi-même par cette pensée qui n’aurait jamais dû traverser mon esprit. Voyons, Tino, ressaisis-toi, tu n’es plus un adolescent, tu ne peux pas tomber amoureux comme ça d’une fille que tu connais à peine ! Tu es marié, père de famille, arrête de déconner, tu es trop vieux pour ça maintenant. Mais au fond de moi, je ne me sens pas vieux. Même si ma femme répète souvent que je grossis, et je vois bien dans ses yeux qu’elle veut me dire que je vieillis, moi je ne me sens pas vieux. J’ai trente ans dans ma tête, et quand je suis avec Fabienne, nous avons le même âge, on ne se pose pas de questions, tout est si simple avec elle.

Par Lau77
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